Retours d'expérience

Et si on enlevait la couche?

Avec les beaux jours, l’entrée prochaine à l’école, l’été est le moment de l’année ou les petits bouts de choux en couche sautent le pas.

Tous les ans, nous organisons une réunion à la crèche à ce sujet, car il est souvent très anxiogène pour les familles. Le stress montent généralement d’un cran après le rendez-vous dans le future école de l’enfant.

Le point histoire :

Depuis toujours, on appelle cela  »la propreté ». Cela veut il dire qu’un enfant qui porte des couches n’est pas  »propre »? Dans le langage professionnel, nous appelons cela  » l’acquisition de la maîtrise sphinctérienne  ». Car ce n’est ni plus ni moins qu’une nouvelle compétence que l’enfant acquière au même titre que le langage, la marche etc.

Les anciennes pratiques sont littéralement différentes de ce que l’on fait aujourd’hui. En effet, dans d’anciens livres de puériculture, il est conseillé dès 12/18 mois de mettre bébé sur le pot à heure fixe, afin de l’entraîner à faire pipi. Cela pouvait être assez long… et pénible pour les enfants. L’urgence de les  »rendre propre » tôt était dû au fait qu’à l’époque, les couches lavables étaient lavées à la main. C’était une immense contrainte pour les mères.

Quelques petites infos avant de se lancer dans le vif du sujet.

  • la maîtrise des sphincters s’acquière généralement entre 2 ans et 3 ans pour la journée. Entre 2 et 4 ans pour la nuit.
  • certains enfants deviennent propre la semaine précédent l’entrée à l’école.
  • La maîtrise du sphincter anal se fait avant le sphincter vésical.
  • La propreté s’acquière la journée avant la nuit.

Voici quelques conseils.

On sait aujourd’hui que la  »propreté » n’est pas un apprentissage comme on l’a longtemps pensé, mais une acquisition. Rien ne sert donc d’entraîner son enfant à être propre, car cela pourrait être contre productif.

En effet, on peut très bien réussir à faire devenir propre un enfant assez tôt en l’entraînant : le pot toutes les heures, après le repas etc. Mais si l’enfant n’est pas prêt, il va devoir aller à l’encontre de son développement, il va devoir apprendre à se retenir plutôt que de réussir naturellement à le faire. L’enfant ne pourra donc plus se concentrer sur autre chose, son esprit étant accaparé par la maîtrise de ses urines. De plus, cet apprentissage est souvent source de beaucoup d’échecs, et donc de frustration et de perte de confiance en lui.

Une caractéristique est commune à tous les enfants, celle de vouloir être grand, de faire comme les grands. Naturellement, quand il sera prêt, l’enfant va de lui même vous faire part de sa volonté d’enlever sa couche. Vous pouvez lui proposer le pot, le laisser à sa disposition dans les toilettes ou dans un endroit calme, et surtout lui faire confiance.

Pour savoir si votre enfant est prêt physiologiquement (mais pas forcément psychologiquement), il suffit de le regarder monter et descendre les escaliers seul. En effet, les mécanismes de la maîtrise des sphincters se font conjointement à ceux qui permettent à l’enfant de gravir des marches. S’il y arrive sans aide, ses muscles sphinctériens sont aptes à êtres maîtrisés par l’enfant.

Si vous sentez que votre enfant est prêt, et que vous souhaitez l’encourager (parce que la rentrée approche à grand pas par exemple), il faut le faire au bon moment. Dans une période calme et sereine pour l’enfant, à la maison, en vacances avec les parents où les grands parents. Il ne doit pas y avoir de facteur de stress. Il est donc risqué de le faire au moment d’un déménagement, lors de l’arrivée d’un bébé dans la famille, ou lors d’un deuil par exemple.

Certains enfants mettent les nerfs de leurs parents à rude épreuve. Tous les ans, nos grands quittent la crèche fin juillet, 4 semaines avant leur rentrée à l’école. Il en reste toujours 10 à 20% qui portent encore des couches. Les enfants de fin d’année n’ont encore que 2 ans 1/2… c’est parfois encore un peu tôt pour eux. Mais faites leur confiance, ils savent très bien que le 1er septembre il n’y aura plus de couches. Et tous les ans, il y a un petit farceur ou 2 qui attendent la dernière semaine, voir la veille de la rentrée pour être propre. Ils auront profité jusqu’au bout de leur statut de petit, de bébé, pour sauter à pieds joints dans le grand bain.

Il est excessivement rare que des enfants ne soient pas propre arrivé à l’école. Propre ne veut pas dire qu’il n’y a pas d’accidents, bien évidement. Les premiers jours, c’est monnaie courante, et les instituteurs sont tout à fait formés à cela.

Soyez donc rassurés ! Patience et confiance sont les maîtres mots 🙂

Vous trouverez dans un autre article une sélection de livre sur le sujet.

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